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Bonne lecture !
 

Les trois fonctions du projet d'assurance autonomie
par Jacques Fournier, Extraits d'une présentation faite lors d'un séminaire organisé par le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA), tenu à Montréal le 8 octobre. L'auteur est organisateur communautaire retraité.

La Commission parlementaire, chargée d'examiner le Livre blanc sur l'assurance autonomie du ministre Réjean Hébert, a débuté ses travaux le 23 octobre.Le projet du ministre a trois fonctions principales, selon moi : une fonction transformatrice, une fonction réparatrice et une fonction de promotion de la privatisation et de la tarification.

Une fonction transformatrice
Le pourcentage actuel du budget des services aux aînés en perte d'autonomie consacré aux ressources institutionnelles (CHSLD et ressources intermédiaires) est de 74 %. Seulement 17 % du budget va aux services à domicile et 9 % à des services que l'on ne peut imputer clairement à l'une ou l'autre mission. Le chiffre de 17 % consacré aux services à domicile au Québec peut être comparé aux taux d'autres pays : Pays-Bas, 32 %; Suède, 41 %; France, 43 % et Danemark, le champion à 73 %. Le ministre voudrait que le taux québécois passe à 31% . Cet objectif de désinstitionnalisation rallie un large consensus. Le projet d'assurance autonomie aurait une fonction transformatrice bénéfique.
 
Le défi sera que les sommes destinées aux services à domicile soient disponibles avant la désinstitutionnalisation. On se souvient que dans le dossier de la santé mentale, on a désinstitutionnalisé les personnes concernées avant que les services ne soient disponibles dans la communauté. Ils ne le sont d'ailleurs toujours pas complètement.

Connaissant la passion du gouvernement pour le déficit zéro, il y a lieu d'être inquiets que les aînés en perte d'autonomie n'aient pas le niveau de services à domicile requis par leur état. Pourtant, les sources de financement existent. La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics (COTPSP), un regroupement de plus de 120 organismes, a rédigé récemment un document bien fouillé et rigoureux indiquant que le gouvernement québécois pourrait, par 19 mesures bien ciblées, aller chercher 10 milliards $ de plus par une taxation adéquate, qui irait recueillir les revenus là où ils se trouvent (1). Une autre source importante de financement, ce sont les 750 M $ que le ministre Hébert compte économiser annuellement en implantant la réforme : diminution de l'hospitalisation et de l'institutionnalisation, etc. (Le Devoir, 24 avril 2013).
 
Une fonction réparatrice
L'un des effets positifs attendus du projet d'assurance autonomie, c'est de créer une barrière étanche entre les budgets des services aux aînés en perte d'autonomie (CHSLD, ressources intermédiaires et services à domicile) et les budgets des hôpitaux qui comblent souvent leurs déficits en utilisant à d'autres fins les sommes normalement destinées aux services à domicile. C'est ce qu'a découvert et expliqué la Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, dans son Rapport d'enquête du 30 mars 2012.

Or il y aurait eu une façon plus simple de mettre en place cette barrière : il aurait suffi de ne pas fusionner les CLSC, les CHSLD et les hôpitaux. En 2003, lors des fusions imposées sous le bâillon par le ministre Philippe Couillard, la Coalition Solidarité Santé, un regroupement d'une quarantaine d'organismes communautaires et de syndicats, avait fait une mise en garde : en fusionnant les trois catégories d'établissements, à cause de l'hospitalo-centrisme, les budgets des CHSLD et des services à domicile risquaient d'être « confisqués » par les hôpitaux. Neuf ans plus tard, c'est ce qu'a constaté la Protectrice du citoyen.
 
Aujourd'hui, pour réparer cette erreur, on recrée par la caisse autonomie une barrière étanche entre les budgets des hôpitaux et les services aux aînés en perte d'autonomie. C'est la fonction réparatrice du projet.
 
Une fonction de promotion de la privatisation et de la tarification
Par sa fonction de promotion de la privatisation et de la tarification, le projet réduit le secteur public et intensifie l'apport du secteur privé. C'est, pour moi, une fonction nuisible et dévastatrice, qui ne crée pas les conditions de réussite du projet. Actuellement, les personnes âgées en perte d'autonomie qui ont besoin de bains et de soins d'hygiène à la maison bénéficient des services gratuits des auxiliaires familiales et sociales des CLSC. Le Livre blanc propose que ces services soient dorénavant prodigués par les entreprises d'économie sociale en aide domestique, les EÉSAD. Or les services des EÉSAD ne sont pas gratuits, même si les taux horaires sont établis en fonction du revenu. Ils sont fournis par des personnes sous-payées et moins qualifiées que les auxiliaires familiales. Une partie d'entre elles vit même sous le seuil de la pauvreté. Le taux de rotation élevé du personnel des EÉSAD ne favorise pas la continuité des services, continuité requise pour des clientèles vulnérables. La fonction de promotion de la tarification et de la privatisation a pour corolaire la réduction de la qualité des services et de la décence des conditions de travail.
 
L'économie sociale est techniquement une composante du secteur privé mais elle constitue aussi ce qu'on appelle le tiers-secteur, car elle a une philosophie et des pratiques en partie différentes du secteur privé. Comme le secteur privé, l'économie sociale a besoin de la contribution des usagers. Les EÉSAD, à leur corps défendant, deviendraient le bras armé du MSSS, l'exécutant de ses politiques de tarification.

C'est l'ancien ministre des Finances Raymond Bachand qui a dû être content en lisant le Livre blanc. Il avait mis de l'avant rien de moins que ce qu'il avait appelé la révolution tarifaire. Il s'agirait de remplacer par étapes l'impôt progressif sur les revenus par des tarifs divers sur les services publics. Ces mesures sont régressives, c'est-à-dire qu'elles bénéficient aux plus fortunés et contribuent, avec plusieurs autres facteurs, au grand mouvement mondial d'accroissement des écarts entre les revenus des nantis et ceux des démunis.

Si l'objectif du Livre blanc est vraiment de désinstitutionnaliser les services aux aînés en perte d'autonomie, il faut que le ministre, pour convaincre les aînés de ne pas recourir aux ressources lourdes, leur offre, avant toute chose, une panoplie substantielle de services à domicile de qualité et accessibles.


La formation continue : un atout pour le milieu communautaire!
Stephanie Laprise, coordonnatrice des services psychosociaux, Centre communautaire des aînés et aînées de Longueuil

Le milieu communautaire en est un où chaque personne est appelée à effectuer plusieurs tâches. Les activités de sensibilisation, les kiosques de promotion des services offerts, les tables de concertation, les réunions diverses, et le quotidien sont autant de sources de motivation et de valorisation que de sources de casse-tête. En effet, une des verbalisations les plus communes dans le milieu communautaire est « je n'ai pas le temps ». Tout le milieu communautaire est débordé. Mais on continue, armés de courage et de volonté, chaque jour, pour aider les personnes qui en ont besoin.
 
Chaque organisation a une mission bien distincte. Dans chacune de ces missions, il y a une mention à l'effet « d'offrir des services et des activités de qualité aux membres ».
 
Afin d'offrir des activités et des services de qualité, et d'être efficace dans l'aide que nous apportons, il est essentiel de mettre à jour nos connaissances. L'une des façons de faire cela est par la formation. Certes, nous n'avons pas le temps. Et si nous attendons d'avoir le temps, nous ne le trouverons jamais, car l'aide aux personnes est une mission de tous les jours, toutes les heures. Cependant, nous gagnerions tous à prendre le temps. Ces journées de formation sont un investissement pour nous-mêmes, pour l'organisme pour lequel nous travaillons et pour les membres de nos organisations.
 
Certains avantages de la formation sont indéniables : en demeurant à l'affût de nouvelles techniques et approches, nous maintenons la qualité de notre travail, nos interventions demeurent bien adaptées et à jour, toujours selon les besoins actuels des personnes. En participant activement aux formations offertes dans notre milieu, nous pouvons rencontrer de nouvelles personnes et nous questionner mutuellement sur nos pratiques. Nous pouvons aussi nous confronter, et ce surtout si cela fait longtemps que nous œuvrons dans un même milieu ou pour le même organisme.
En participant à des formations diverses, nous pouvons rencontrer différents points de vue et ainsi activer notre créativité, afin de trouver des solutions nouvelles ou des idées auxquelles nous n'aurions jamais pensé. Parfois, un regard extérieur fait toute la différence.
 
Les formations sont tout indiquées pour se faire de nouveaux contacts, renforcer les contacts existants ainsi qu'elles sont des occasions de partager notre vécu et favoriser la solidarité entre les groupes.
Qui plus est, la formation est un moment idéal pour profiter de l'expertise d'une personne-ressource qui peut nous aider à voir les choses autrement et ainsi débloquer les impasses dans les réflexions à l'interne. Les formateurs chevronnés ont tous une expérience terrain et privilégient une approche interactive et dynamique. Aussi, en participant à des formations, nous faisons, en même temps, la promotion de nos services à plusieurs autres organismes qui en font de même.
 
Cet hiver, regardez la programmation des formations offertes, et prenez le temps. Pour vous, pour votre organisme et pour vos membres. Vous valez l'investissement! J'espère vous y retrouver à quelques reprises dans les prochains mois!
 


Texte paru sur le site du Devoir le 10 juin 2011
 
Projet d'amphithéâtre : Les dommages collatéraux sur les OSBL
Ce texte est signé par les membres du comité d'étude du Chantier de l'économie sociale sur la Réforme du droit des associations personnalisées au Québec.
 
Le débat sur le projet d'amphithéâtre à Québec suscite des réactions tellement fortes qu'il est devenu un symbole pour certains de tout ce qui ne va pas dans la culture politique québécoise actuelle. Plus encore, ces réactions se cristallisent à travers le projet de loi privé 204, qui sera finalement débattu à l'Assemblée nationale en septembre. 
Parmi les multiples questions soulevées par ce dossier, un élément semble échapper à la discussion. Pourtant, il risque de causer des torts majeurs à une des institutions juridiques sur lesquelles  le Québec appuie son développement depuis des décennies. À force d'entendre le maire Labeaume défendre le droit, reconnu dans la Loi des cités et villes, de conclure des ententes de gré à gré avec une organisation sans but lucratif (OSBL), n'assistons-nous pas à une déformation, voire à un vol de sens, de ce qu'est la portée réelle de ces organisations?
 
D'une part, l'entente avec Quebecor prévoit que c'est une organisation sans but lucratif qui va assumer toutes les dépenses (et déficits) du futur amphithéâtre. D'autre part, c'est l'empire Quebecor qui récoltera les profits au bénéfice de ses actionnaires... tout en gérant l'OSBL en  question! Qui défendra l'intérêt collectif dans l'ensemble de cette aventure? Difficile à dire.
 
Contexte alambiqué
 
Au moment où le gouvernement du Québec prépare une nouvelle loi sur les organisations sans but lucratif (à la suite de l'adoption de la Loi sur  les sociétés par actions), il est difficile d'imaginer un contexte plus alambiqué pour les législateurs et pour les citoyens que celui auquel nous faisons face.
 
Par ailleurs, le gouvernement du Québec a entrepris une réforme des mécanismes d'attribution des contrats municipaux faisant suite aux différents scandales et allégations des dernières années. On dit vouloir s'attaquer aux entreprises privées qui se cachaient derrière des OSBL pour contourner la loi et s'entendre sans appel d'offres avec des municipalités.
 
Paradoxalement, en acceptant l'entente de la Ville de Québec avec Quebecor, le gouvernement reconnaîtrait que l'entreprise privée peut se cacher derrière le statut d'OSBL. Il cautionnerait une action visant à pomper les fonds publics au bénéfice d'individus qui sont à la fois actionnaires majoritaires ou même propriétaires exclusifs de l'ensemble des opérations de holdings dont les centres de coûts seraient transférés à des organismes sans but lucratif et les profits, privatisés.

Offre à la collectivité
 
Nous sommes loin du sens réel des organisations à but non lucratif, à savoir des associations de personnes qui choisissent librement de s'associer pour s'offrir des biens ou des services ou pour les offrir à la collectivité sans objectif de partage des bénéfices financiers entre  les membres. Voilà plutôt l'esprit de cette forme d'organisation, celui qui est à la base de milliers d'initiatives qui sont devenues essentielles et parfois même le ciment de la cohésion sociale de notre société moderne.
 
Les associations jouent un rôle clé dans le développement économique, social et culturel du Québec. Sans ces organisations, nos collectivités seraient privées de services qui contribuent grandement à notre qualité de vie. Sans elles, notre économie serait grandement affaiblie; tout comme les coopératives, les OSBL sont des composantes majeures de l'économie sociale qui se déploie avec force et vigueur. On les compte par milliers sur tout le territoire québécois et dans des dizaines de secteurs de l'économie. Des milliers de citoyens et de citoyennes y participent comme salariés ou comme bénévoles au sein des conseils d'administration sans y rechercher le profit personnel, mais bien l'intérêt collectif! Ce qui les distingue, à l'évidence, de l'entreprise privée classique.
 
Sans les OSBL, des citoyens seraient privés de lieux d'expression d'une citoyenneté active affaiblissant d'autant notre démocratie.
 
Éléments de base
 
Il est grandement temps de se ressaisir collectivement et de rétablir les fondements de ce qu'est un OSBL. Il faut protéger le sens réel de l'association et les règles qu'exige une propriété collective, c'est-à-dire une transparence, un véritable caractère non lucratif, une gestion démocratique au profit des membres ou de la collectivité. Ces éléments de base sont également des éléments essentiels qui permettront aux municipalités de maintenir ce droit légitime de négocier des ententes de gré à gré avec des organismes sans but lucratif qui, reconnus par une nouvelle loi, pourront continuer à contribuer au développement socioéconomique du Québec, à sa cohésion sociale et à sa vie démocratique.
 
Les impacts du débat sur l'amphithéâtre de Québec n'ont pas fini de se faire sentir dans plusieurs domaines: financement du sport professionnel, transparence, droit des citoyens de contester, etc. Espérons que la réputation et l'avenir même des OSBL, ainsi que le sens profond de cette institution qui a tant contribué au développement du Québec, ne feront pas partie des dommages collatéraux de ce conflit. Nos collectivités ne peuvent se permettre de perdre leur capacité de s'appuyer sur cet outil essentiel de développement.
 
***
Ce texte est signé par les membres du comité d'étude du Chantier de l'économie sociale sur la Réforme du droit des associations personnalisées au Québec
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Richard Gravel, Collectif des entreprises d'insertion du Québec
Denis McKinnon, Table nationale des corporations de développement communautaire
Nancy Neamtan, Chantier de l'économie sociale
François Vermette, Regroupement québécois des OSBL en habitation

 
Le bénévolat
Un texte de Marjolaine Guay, bénévole

Suite à l'article : Le manque de bénévoles est alarmant, des jeunes en sont victimes de Mme Caroline Côté, paru dans Le Journal de Saint-Hubert du 24 mars 2011, page 1 et 3, je tenais d'abord à attirer votre attention sur le dossier mis en rubrique.
 
Dans son processus d'analyse des programmes DEC et DEP pour obtenir une meilleure adéquation entre la formation et le marché du travail; le Ministère de l'éducation du Québec fera-t-il une place à l'action bénévole et aux organismes?
 
J'aimerais aussi vous faire part qu'il serait plus facile, avec les outils d'aujourd'hui, de recruter, d'évaluer, de conserver et de récompenser les bénévoles.  Cette idée me vient d'un de mes projets  «Investir c'est devenir » présenté en 1998-1999 à plusieurs intervenants de différentes industries.
 
Puisque ce projet visait à faciliter le rapprochement des jeunes au marché du travail par du bénévolat et des stages rémunérés, je vous en retrace ici les principaux éléments en y apportant les capacités d'évolutions technologiques.

Recrutement

Aujourd'hui, ce ne sont pas les réseaux sociaux qui manquent.  Facebook, Twitter, YouTube se partagent une bonne portion de la planète.  Plusieurs sites tels que Jobboom, Munster, LinkedIn sont d'ailleurs spécialisés dans la recherche d'emploi.  En plus des journaux locaux et des pages de petites annonces «personnelles» il existe des publications telles 24h, Métro pour toucher ceux qui ne sont pas « branchés ».  Pour rejoindre ceux qui sont sur les ondes de leurs Iphones, Ipod, Ipad et autres bidules; il serait facile pour un organisme ou pour des employeurs individuels de s'y inscrire et d'y placer des postes à combler.
 
Prenons l'exemple d'une famille à la recherche d'un(e) gardien(ne) d'enfants. Pour éviter certains dérapages, tous les employeurs inscrits se devraient d'être évalués quant au lieu de travail et au processus de reconnaissance des tâches accomplies soit par un salarié, soit par un volontaire.  Le montant minimum et maximum relié à l'inscription d'un employeur à ce service serait établi selon ses capacités de payer.  L'inscription du travailleur pourrait aussi s'effectuer avec le paiement minimum requis pour l'émission d'une carte d'identification et la vérification de son dossier judiciaire.

Inscription et protection

Que ce soit par sa participation directe à des levées de fonds impliquant un sport (marche, cyclisme, etc.) ou à une activité de civisme (ex. : nettoyage des berges, secourisme, accompagnement, etc.); le bénévole prend des risques. Il peut se blesser ou être blessé et perdre quelques mois de son travail rémunéré ou quelques semaines d'école.  Il peut être accusé de sexisme, racisme ou d'harcèlement sans qu'il ait la capacité de démontrer son innocence.  Il peut aussi être reconnu coupable d'une faute qu'il n'a pas commise directement mais dont l'environnement où il évoluait a été responsable.
 
Malgré le formulaire de demande de protection du travailleur bénévole à la CSST http://www.csst.qc.ca/NR/rdonlyres/17BCE827-E12D-4C24-9F6D-5C6C57C937F1/7739/DPTB.pdf , l'insertion de la règle du bon samaritain au Code civil ainsi que l'invalidité d'une clause contractuelle amenant un participant à dégager, tenir indemne et libérer, sans restriction, les organismes, organisateurs d'événements, propriétaires des lieux, instructeurs, enseignants, moniteurs, ou tout autre intervenant de leur responsabilité à l'égard de préjudices corporels ou moraux, blessures sérieuses et de pertes découlant de la pratique d'activités charitables ou communautaires; il faut songer à une meilleure protection du bénévole, particulièrement au niveau d'événements sportifs où la couverture d'assurance de responsabilité civile reliée à la carte de membre d'une fédération peut cesser à l'âge de 70 ans.
 
Évaluation

Parfois les tâches à accomplir et le nombre d'heures requis sont difficiles décrire en fonction des besoins. De plus, selon le nombre d'employeurs visités, le travailleur peut aussi avoir de la difficulté à se remémorer son temps et ses acquis réels.
 
L'évaluation de la formation, des expériences de travail, des capacités et aptitudes du volontaire tout comme la vérification de ses antécédents ne doivent pas être laissés à la discrétion d'un employeur individuel ou un directeur d'organisme qui n'a pas les ressources humaines et financières nécessaires pour effectuer un choix judicieux.  Cette évaluation pourrait se faire dans un lieu sécuritaire et neutre, une école, par exemple.  En sortant de son évaluation le travailleur bénévole ou salarié aurait en main « un papier » i.e. une carte de compétence qui vaut vraiment quelque chose au lieu d'une simple lettre de référence.
 
Plus souvent qu'autrement, il n'y a pas d'entrevue d'évaluation entre l'employeur et le travailleur volontaire.  Par manque de ressources, on prend tous ceux qui passent.  En reliant les outils de filtrage disponibles sur les sites internet de recherche d'emploi aux organismes charitables et aux employeurs individuels la tâche d'évaluation serait facilitée.

Former et conserver

La personne ayant à combler le poste offert aura peut-être besoin d'une formation particulière, par exemple les soins à donner à un enfant handicapé ou atteint d'une maladie spécifique.  Hors, si on reprend notre exemple, les parents à la recherche d'un(e) bon(ne) gardien(ne) n'ont pas nécessairement tout ce qu'il faut pour bien enseigner au travailleur.  Cette formation pourrait alors provenir d'un organisme dont la mission est d'aider les personnes handicapées ou atteinte de la maladie de l'enfant.  Cette formation devrait cependant être reconnue dans son dossier scolaire.
 
En plus du choix et de leur formation, l'utilisation de bénévoles exige toutefois un type de gestion totalement différent de celui qui est habituel entre un employeur et un employé.

Les bénévoles n'ont aucun lien contractuel.  Ils ne reçoivent aucune rémunération en échange de leurs services.  Même si l'employeur individuel ou organisme offre des cours ou des activités de loisirs; les travailleurs volontaires demeurent libres dans leur horaire.  Leur engagement n'est en fonction que de la valeur de leur parole à être présents ainsi que celui de l'employeur à leur égard.  Souvent, c'est leur sentiment d'appartenance et leur besoin de se sentir utiles qui motivent les bénévoles.

La définition des tâches et des objectifs de chacun s'avèrera un outil de gestion de ressources humaines (rémunérées et volontaires) crucial au bon fonctionnement d'une entreprise / organisme.  Les bénévoles ne doivent pas empiéter sur les responsabilités du directeur, des employés, des parents ou du personnel médical entourant un bénéficiaire.

Les employés pourraient prendre la fâcheuse tendance de reléguer aux bénévoles les tâches pour lesquelles ils sont payés.  De plus, le gestionnaire, tout comme la clientèle directe ou indirecte, doit éviter de demander « tout » et « n'importe quoi ».

Les bénévoles ont un grand cœur.  Sans généraliser, ils ont des caractéristiques communes: d'être incapables de dire non, d'agir en bon citoyen et de prendre des initiatives.  Le gestionnaire se retrouvera alors avec un bénévole qui prend trop de place.  Si le bénévole démontre « plus de cœur » envers le succès de l'entreprise, la santé des bénéficiaires que le propriétaire et/ou employés, l'entreprise / organisme / employeur individuel aura un problème; d'où la nécessité d'un cahier de charges où le rôle de chacun est décrit pour atteindre les objectifs visés.
 
Récompenser

Le bénévole se rémunère d'abord par le respect et une bonne gestion réciproque des attentes, puis par la « nourriture spirituelle intrinsèque »  découlant de son implication ainsi que par les remerciements du milieu.  Des activités ponctuelles (dîners, soupers, cours, etc.) et documents de valorisation sont toujours appréciés des bénévoles.
 
Pour les jeunes 12 - 25 ans, les principaux programmes d'implication et de reconnaissance des acquis sont le Prix du Duc d'Édimbourg, le Programme des Cadets, le Mouvement des Scouts et Katimavik.  Dans certaines provinces dont l'Alberta, la Colombie Britannique, le Manitoba, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve et les Territoires du Nord-Ouest, les actions posées par les jeunes participants dans ces programmes sont reconnues par des crédits lors de l'obtention d'un diplôme d'études secondaires.
 
Qu'attendons-nous, au Québec, pour reconnaître la valeur de ce qui est acquis par l'action bénévole dans le cadre du curriculum scolaire?
 
De plus, même si tous les intervenants communautaires s'entendent pour dire que le bénévolat peut amener au volontaire une expérience de travail valorisante, il demeure difficile pour le bénévole d'obtenir un poste rémunéré en s'appuyant sur la formation reçue et l'expérience acquise pendant ses activités de loisirs communautaires.
 
Avec toutes les cartes de fidélisation telles Aéroplan, Air miles, les cartes à puce et les Apps des téléphones intelligents; il serait possible que le bénévole ait non seulement une capacité d'identification certifiant la qualité de ses antécédents face à son employeur mais aussi de « rémunération » et de reconnaissance réelle de ses acquis.
 
Cette rémunération / récompense pourrait se faire en points-cadeaux applicables à l'achat de ce qui se trouve dans les catalogues habituels mais aussi par du temps de communication, par un stage rémunéré ou par un crédit d'impôts.

En conclusion

Ce n'est pas une vision à court terme, le manque de temps, d'intérêt ou de loyauté des jeunes, des adultes actifs et des retraités envers leur communauté qui font que le problème de recrutement des bénévoles est d'une récurrence alarmante.
Tout comme le citoyen démontre de plus en plus sa déception à l'égard de ses institutions gouvernementales par un taux décroissant de vote, le bénévole peut être désabusé à l'égard de la société.  Trop souvent, il devient l'équipier de tous et chacun mais il ne trouve personne lorsqu'il a besoin d'une équipe pour reconnaître son cheminement.
 

 
Intégration scolaire - Les jeunes sont absents du débat

Lettre à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp écrite par des jeunes de la Boîte à lettres

Ces derniers temps, on parle beaucoup d'intégration et on se prononce surtout contre l'intégration à tout prix. Nous sommes un groupe de jeunes de 16 à 25 ans qui fréquentent la Boîte à lettres de Longueuil et nous sommes également membres du REJESS (Ralliement engagé envers les jeunes exclus du système scolaire). Nous avons envie de vous parler du prix de l'exclusion.
 
Nous essayons de faire entendre notre voix, celle des jeunes exclus du système scolaire, pour que vous arrêtiez de faire croire que les classes spéciales sont le remède à la guérison de l'école et à la misère des profs. Vous parlez de nous et de ces jeunes qui sont présentement dans ce système comme d'une donnée. Vous parlez des jeunes, mais vous ne parlez pas pour eux.
 
Quand le milieu de l'éducation a des choses à dire et qu'il veut être pris au sérieux, il va chercher des experts qui ont des titres importants, et qui donnent du poids à ce qu'ils affirment: pédiatres, chercheurs, professeurs, etc. Leur parole a du poids. Il semble que la nôtre n'a aucun poids, aucun intérêt. Pourtant, nous portons les «titres» de trouble de comportement, trouble d'apprentissage ou trouble grave de comportement. Ces «titres» nous suivent partout depuis longtemps. Depuis la maternelle pour certains d'entre nous. Nous avons tous été exclus des classes ordinaires pour faire notre parcours en classes spéciales au primaire et au secondaire.
 
Une étiquette qui pèse
 
Il faut que vous sachiez qu'aussitôt que l'école nous met une étiquette, on ne s'en débarrasse plus. On doit travailler tellement fort pour prouver à ceux qui nous entourent qu'on vaut quelque chose. Et on doit travailler encore plus fort contre nous-même pour défaire ce qu'on a intégré comme étiquette parce que ça nous suit dans notre vie de tous les jours. Nous pouvons vous dire comment on se sent quand on se retrouve au bout du chemin des classes spéciales, sur le trottoir avec l'aide sociale, analphabètes, sans diplôme, avec une qualification bidon qui ne donne pas de travail. On se sent mal, en colère et trompé.
 
On dit être contre l'intégration à tout prix. Mais quel prix ont ces jeunes? C'est vrai que la différence fait peur et qu'elle ne fait pas partie des valeurs de l'école. La différence, on la cache, on essaie de la contrôler et de lui rappeler tous les jours qu'elle n'est pas à sa place ou qu'elle n'a pas de place. Même vous, madame la ministre, vous dites: «Je ne suis pas une partisane de l'intégration à tout prix. Je crois que parfois, au bénéfice de l'enfant, le parent doit apprendre à faire son deuil.»
 
Comment pouvez-vous dire une chose semblable? Ces parents-là sont sans pouvoir devant la machine scolaire. Nos parents ont accepté que nous soyons placés en classes spéciales parce qu'on leur a dit que c'était ce qu'il y avait de mieux pour nous. Et à nous, on nous a dit que c'était pour notre bien. Ça, c'est quand on nous a dit quelque chose. Mais jamais on ne nous a dit que ce parcours nous mènerait dans un cul-de-sac au bout de dix ans. Si vous saviez par où on passe pour faire son deuil d'un parcours de paumés!
 
Classes à cubicules
 
Vous parlez aussi d'intégrer les jeunes dans des classes-répits ou des classes-ressources. Nous avons connu des classes du même nom. Ce sont des classes avec des cubicules où personne ne se voit. On ne se voit tellement pas, le nez collé au mur gris, séparé des autres... Parlez-vous de ces classes où on n'a pas le droit aux pauses? On espère que vous avez en tête autre chose comme modèle d'intégration.
 
Vous dites qu'il y a des limites à l'intégration sauvage. Nous ne sommes pas des enfants sauvages! Pourquoi faut-il que, chaque fois qu'il est question des élèves en difficulté, on prenne des images qui marquent pour être certain qu'on comprenne à quel point nous sommes monstrueux et à quel point vous n'avez aucune responsabilité et aucun choix que celui d'exclure? On n'est pas des monstres bavant et crachant le feu. Vous devriez essayer de vous mettre à notre place quelques secondes. Il y a des fois où on n'en peut plus et qu'on réagit pour se défendre. On pourrait vous parler de contentions, de pièces d'isolement, de douleur et d'abandon. On a encore de la colère quand on pense à l'école.
Vous dites aussi que les professeurs ne peuvent pas être des orthopédagogues et des psychologues pour être capables de répondre aux besoins des jeunes. Peut-être. Mais ce que nous savons, c'est que les profs sont des êtres humains et qu'ils travaillent avec d'autres êtres humains: les jeunes. Ils devraient pouvoir être branchés, savoir écouter et sentir qu'on est des humains. Et vous savez, quand on a la chance d'avoir un bon prof, on s'en souvient toute sa vie et les diplômes de spécialistes n'ont rien à voir là-dedans.
 
Nous voulons vous dire qu'il manque un acteur dans la réflexion sur l'intégration et les classes spéciales. Cet acteur-là, c'est nous. Nous vous demandons de choisir la lunette de l'inclusion, de choisir d'entendre la voix des jeunes exclus du système scolaire. Et quand tout sera sur la table, on pourra commencer à dire qu'on veut vraiment du changement, améliorer l'école et faire la preuve que les jeunes, peu importe qui ils sont et d'où ils viennent, sont ce qui est le plus important pour vous et pour la société. Les jeunes ne sont pas dans l'avenir. Les jeunes sont là présentement. Et c'est maintenant que vous devez nous entendre. Ça fait des dizaines d'années que ça dure.
 
***
Ont signé ce texte: Annie Desjardins, Valérie Blanchette, Marc-Antoine Hamelin, Steve Dupont, Marie-Soleil Grandmont, Jérémie Lambert, Julie Arsenault, Karine Jacques, Marc-André Larocque et Vicky Lachance.
 
Résumé du livre « Tout doit disparaître » PPP et liquidation des services publics de Gaétan Breton, Édition Lux, par Paul-André Deschesnes,  Bénévole au Réseau d'habitation chez soi
 
Après le dernier livre de Gaétan Breton « Faire payer les pauvres », celui-ci récidive avec un nouvel ouvrage d'actualité « Tout doit disparaître ».
 
Voulez-vous en connaître plus sur les partenariats public-privé (les PPP) ? Voilà enfin des réponses concrètes à nos questions grâce à ce bouquin très intéressant.
 
Rien de nouveau
Les PPP existent depuis toujours, mais la place qu'on veut maintenant leur donner pourrait prendre une importance sans précédent dans notre société. Les gouvernements inconscients et chloroformés aux vapeurs du fric sont devenus les adeptes de cette pensée magique : en réduisant la taille de l'état, on va régler tous les problèmes (écoles, hôpitaux, prisons, infrastructures, réseau routier, transport en commun, etc.).
 
Vous allez voir, en lisant ce livre, que tout cela est un mensonge éhonté et, qu'à moyen terme, les PPP vont créer un désordre épouvantable en affaiblissant encore plus le gouvernement face au monde des affaires.
 
La mondialisation
Depuis une décennie, on n'arrête pas de vanter le phénomène, dit incontournable, de la mondialisation; ce serait le moyen magique pour assurer la fameuse croissance économique. Mais on juge un arbre à ses fruits.
 
Une véritable psychose de la perte d'emploi s'est installée au Québec. Le nouveau discours patronal et gouvernemental, c'est de dire : « tu as un emploi, comme tu es chanceux ». Alors, pour le garder, les baisses de salaire et les coupures d'avantages sociaux sont devenues la mode; les menaces fusent de partout!
 
Avec la mondialisation, l'État démocratique disparaît de plus en plus. On ne fait plus de débat public. L'ALENA, ce tribunal non élu, décide et le gouvernement s'écrase! Nous sommes en face d'un nouvel ordre mondial qui se nourrit de la pauvreté, qui détruit l'environnement (lisez « Comment les riches détruisent la planète » de Hervé Kempf, éditions du Seuil), qui achète les gouvernements pour faire le plus de profits possible tout en courant le moins de risques possible et qui ne vise qu'à diminuer au maximum le pouvoir des élus en espérant même la disparition des états. La mondialisation, c'est le nouveau dieu des riches qui conditionne le citoyen désinformé grâce à son tout puissant lobbyisme.
 
C'est dans ce contexte qu'il faut voir les nouveaux PPP post-modernes.
 
Obsession du déficit zéro
Péquistes et libéraux tiennent le même discours et parlent de réduire le rôle de l'État tout en faisant miroiter des baisses d'impôt. Pourtant, il est prouvé que cette médecine produit plutôt du chômage et de la pauvreté.
 
Les riches sont épargnés (abris fiscaux), pendant que les moyens et les petits payent la facture, car tous les citoyens sont soumis aux taxes régressives. Les grandes entreprises et le marché boursier de leur côté en profitent largement. Les bien nantis se remplissent les poches, car on crée de plus en plus de richesse pour eux avec de moins en moins de travailleurs.
 
La vérité, c'est qu'il faudrait plutôt dépenser et investir en augmentant la taille de l'État. Actuellement, l'infernale machine économique invente toutes sortes de technologies pour mettre à pied le plus de travailleurs possible. C'est la loi de la jungle. Les immenses multinationales n'arrêtent pas de grossir : elles font sur l'État d'insoutenables pressions, alors que les chômeurs et les plus démunis sont abandonnés à leur sort.
 
Une armée de travailleurs pauvres à la Wal-Mart est sacrifiée sur l'autel de la consommation tous azimuts.
 
Le rôle de l'État et le potentiel des services publics
Voilà toute une richesse collective : écoles, hôpitaux, transport en commun, infrastructures, etc. La banque mondiale évalue entre 800 et 900 milliards de dollars la valeur de l'eau potable sur la planète. Partout, et surtout au Québec, il y a d'énormes bénéfices à faire pour les puissants requins de la haute finance.
 
La cassette gouvernementale répète qu'il faut limiter le gaspillage et les abus, discipliner et encadrer l'usager, que le citoyen est un inconscient, etc. Le secteur privé, présenté comme le Messie, viendrait mettre de l'ordre dans ce supposé bordel!
 
Nous avons là une vision paternaliste et infantilisante qui ne vise qu'à créer un climat favorable pour mieux faire avaler au bon peuple les PPP.
 
Toutes les études sérieuses et non biaisées prouvent le contraire. Nous sommes en face d'une rengaine usée à la corde. Le discours idéologique de droite proclame que le secteur public ne fait rien de bon et que le privé, avec ses primes au rendement, sera beaucoup plus performant.
 
Ces discours simplistes et tendancieux sont complètement FAUX. Pendant qu'on manipule l'opinion publique en parlant de réingénierie de l'État, les dirigeants d'entreprises se bourrent les poches et se payent la traite avec des régimes indécents d'options à la bourse et, ce, même si la compagnie va mal.
 
Le but du gouvernement, avec les PPP, c'est de transformer le Québec en filiale de Lavalin, Bombardier, Alcan, etc. Nos dirigeants politiques, vendus à ce genre de capitalisme sauvage, sont en train de détruire l'État.

Les élus ont le devoir moral de bien représenter la société face aux puissantes entreprises qui ne pensent qu'à faire du profit. La firme doit être redevable, car l'État précède la firme. La société doit passer AVANT les patrons et les actionnaires.
Actuellement, les PPP nous annoncent le contraire : ce sera une vague de privatisations sauvages pour renverser le rôle de l'État.
 
On aura un système perverti où, au lieu de redistribuer la richesse vers les citoyens, on va reprendre aux citoyens le peu qu'ils possèdent par des taxes régressives.
 
Définir le PPP
Le gouvernement Charest nous propose une définition très vague où la forme de partenariat sera complètement à l'avantage du privé. Le rapport de force est odieusement biaisé et le gouvernement ne sera jamais assez fort pour faire respecter ce genre d'ententes BIDON! La pression du privé, au nom d'une mondialisation supposément bénéfique, va exercer sur l'État et les citoyens de terribles menaces.
 
Compétence du privé
Durant des décennies, le secteur public a très bien géré tout ce qui était sous sa responsabilité. Quand Charest affirme béatement, qu'avec les PPP, il va tout améliorer, c'est de la pure démagogie.
 
Avec le transfert massif de l'expertise du public au privé, on va aboutir à une déqualification de la main d'œuvre et à une baisse de la qualité des services. L'État du Québec a-t-il perdu toutes ses forces vives pour encenser aussi aveuglément le privé?
 
On se dirige directement vers un fonctionnement où les secteurs publics (hôpitaux, écoles, transport en commun, prisons, infrastructures, etc.) devront affronter la concurrence. Est-ce possible de penser de la sorte? Comment, dans un tel contexte, maximiser son bénéfice et faire beaucoup de fric sans diminuer la qualité des services? Tout ce discours destructeur de l'État nous vient d'Ottawa et de Washington.
 
En adhérant à ces fables, Charest manipule les faits et berne les citoyens; il nous fait accroire que le privé est très compétent. Dans la réalité, les coûts sont toujours surévalués; loin d'économiser, le peuple se fait royalement arnaquer! Avec les PPP, on se dirige tout droit vers des MONOPOLES et les multinationales sont mortes de rire.
 
Le vrai partenariat
Une démarche et une direction communes, voilà le vrai partenariat. Mais avec les PPP à la Charest, les buts sont diamétralement opposés. Le premier but du privé, c'est de maximiser ses profits.
 
Par la loi 61, l'état québécois s'aligne sur les buts du privé, fait semblant de consulter et accélère la privatisation à tous les niveaux. Dans ce beau bordel, on peut oublier la répartition équitable de la richesse!!!
 
La démocratie
Déjà très fragilisée par la mondialisation et l'ALENA, les PPP vont empirer la situation. La démocratie et le gouvernement vont être menottés et soumis à des décisions sans appel (OMC, FMI, Banque Mondiale). Bientôt, les capitaux internationaux vont tout contrôler; même la protection des renseignements personnels sera fortement menacée par ce nouvel ordre mondial à l'allure dictatoriale. Jamais les PPP n'ont été entérinés par la population.
 
Où sera la transparence de l'État avec des entreprises qui magouillent et qui s'abreuvent aux avantages du lobbyisme pour mieux contrôler le gouvernement?
L'information sera trafiquée et pratiquement impossible à obtenir. Les termes des contrats cachés ne seront jamais divulgués au public. Avec les PPP, nous aurons une démocratie MALADE, car les élus ne pourront plus rien contrôler. Alors, les entreprises auront beau jeu; ce sera bar ouvert : manipulation, pression, patronage, pots de vin, copinage, etc.
 
L'économie
Charest répète « que ce sera très bon et efficace pour l'économie ». C'est archi-faux! Les coûts de financement du privé sont toujours plus chers et en fonction du risque. S'il y a une crise économique, des faillites pointent à l'horizon; mais il faut se rappeler que l'État ne peut jamais faire faillite.
 
De plus, le privé MENT effrontément et estime toujours mal ses coûts qui sont très souvent largement dépassés. On se fait berner par la manipulation des chiffres au nom de supposés risques pendant que le gouvernement, complice, annonce qu'il est prêt à partager les risques.
 
À la fin du processus, c'est le pauvre contribuable qui va ramasser les factures et les pots cassés sans avoir aucun droit de regard sur la gestion de ces entreprises.
 
La concurrence
Les PPP chantent les vertus de la concurrence! C'est encore une autre fausseté monumentale, car seules quelques firmes, souvent amies des dirigeants politiques, font des soumissions. De plus, les contrats toujours imparfaits et vagues ne sont jamais détaillés. Les possibilités de dépassements des coûts sont toujours acceptées par le gentil gouvernement! Le privé se « fout » des responsabilités, car tout est biaisé et nébuleux à souhait.
 
Enfin, les PPP, c'est l'endroit rêvé pour manipuler et biaiser l'information
L'auteur nous montre clairement avec des exemples concrets que les arguments pour adhérer aux PPP se démolissent d'eux-mêmes. Les PPP, voilà un titre pompeux et trompeur pour camoufler une démarche malhonnête.
 
La cassette Charest
L'État est inefficace, la taille bureaucratique nous paralyse, on va alléger la dette publique et les structures de l'État, le citoyen va être mieux servi, etc. Tout cela n'est que de la poudre aux yeux; c'est une stratégie machiavélique pour endormir le peuple.
 
Avec les PPP, ce sera le pire des scénarios, nous dit Gaétan Breton. La nouvelle structure sera très onéreuse. On aura droit à une nouvelle agence dirigée par une personne qui aura deux fois le salaire du Premier ministre, ainsi qu'à une kyrielle de filiales avec des agents de surveillance et des spécialistes de tout acabit.
 
Dans les faits, les structures seront alourdies et ça va coûter beaucoup plus cher. On aura droit à des chiffres manipulés, à une fonction publique discréditée, à des factures très salées et à des emplois précarisés.
 
On verra les écoles, hôpitaux, universités, cités, villes et villages perdre leur autonomie. Nos institutions deviendront des succursales de SNC Lavalin, Power Corporation, Alcan, Bombardier, etc.
 
Tous ces malheurs sont passés sous silence dans la cassette de M. Charest. N'oublions surtout pas, que dans le cadre de la mondialisation, les PPP seront le puissant LEVIER tant souhaité par ceux qui détiennent les puissances économiques mondiales.
 
PPP et privatisation de l'eau
Voilà, nous dit l'auteur, le plus bel exemple du fiasco des PPP. Que ce soit à Hamilton, à Moncton, à Atlanta ou au Royaume-Uni sous Margaret Thatcher, ce genre de partenariat contre nature a prouvé l'inefficacité chronique du privé. Les citoyens ont vite désenchanté devant tous ces Pères Noël menteurs assoiffés de FRIC.
 
Les PPP leur ont apporté des prix excessifs, de la pollution, des profits scandaleux pour les entreprises, des réseaux mal entretenus et en piteux état, de la magouille à tous les niveaux et une qualité de l'eau en forte baisse. La popularité des PPP a fondu comme neige au soleil.
 
L'exemple français, bien expliqué dans le livre de Breton, est encore plus éloquent : le coût de l'eau a augmenté de 40 %, les élus municipaux ont été corrompus, l'environnement a été sacrifié, les appels d'offre ont disparu, la qualité des services s'est volatilisée et les citoyens ont été écœurés!!!
 
Au Québec, on est à la veille de vivre le même cauchemar. Les PPP vont nous coûter une fortune; mais M. Charest affirmera le plus sérieusement du monde que « ce ne sont pas des taxes, mais seulement des TARIFS! »
 
La vision Charest
Les libéraux et les conservateurs voient actuellement les PPP partout : prisons, transport en commun, construction et entretien des autoroutes, contrôle du trafic aérien, etc.
 
Avec le moins d'employés possible, on vise le plus de profits possible. Le personnel moins qualifié et mal payé sera démotivé et écœuré.
 
Les services seront pourris. Toute cette pagaille échappera au contrôle démocratique de l'État réduit au silence.
 
Manipuler, tromper le public, exploiter les travailleurs, retourner en arrière, graisser les amis politiques, désinformer, cacher les gros profits, etc. Voilà le bourbier incroyable qui nous attend.
 
Et Gaétan Breton nous parle abondamment de l'autoroute privée 407 en Ontario où, en 6 ans, le coût est passé de 9 ¢ à 18 ¢ le kilomètre; il nous décrit les horreurs de British Rail en Angleterre, des écoles de Nouvelle-Écosse, d'un important hôpital de Calgary et des transports en commun de quelques grandes villes françaises, tous de percutants exemples présentés en détail par l'auteur pour démontrer l'inefficacité totale des PPP.
 
Conclusion
Voulons-nous des services dégradés qui vont coûter plus cher? Voulons-nous réparer les pots cassés pour sortir les entreprises du trou si ça va mal? Voulons-nous développer au Québec de nouvelles entreprises PARASITES de l'État?
 
« Depuis 1960, les hommes d'affaires de la belle province ont fait leur argent les deux mains dans les coffres de l'État et ils sont même partis avec la caisse! » nous dit Gaétan Breton; et il ajoute : « Aujourd'hui, avec les PPP, ils veulent faire main basse sur les fonds publics avec la complicité de leurs amis au pouvoir ».
 
Voulons-nous de ces profiteurs de l'État qui rêvent de désyndicalisation de la fonction publique et qui rendront les riches plus riches et les pauvres plus pauvres ?
Le livre de Gaétan Breton devrait être répandu à travers TOUT le Québec pour démystifier une fois pour toutes ces maudits PPP qui menacent la démocratie et la vie même de l'État québécois.
 

LETTRE OUVERTE
Quand l'indifférence tue… Il faut tuer l'indifférence !
Hélène Fradet, directrice générale de la FFAPAMM de la Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale
 
Saviez-vous qu'aujourd'hui, les troubles mentaux sont responsables de 8,8% de la charge de mortalité dans le monde et que le cancer, un problème de santé hautement respecté, atteint de son côté les 13% ? Comment expliquer qu'un mince écart de 5%. du taux de mortalité puisse entraîner un large décalage qui se traduit entre l'indifférence et l'intérêt collectif ?
 
C'est la semaine de sensibilisation aux maladies mentales, une semaine comme une autre pour la majorité de la population. Pourquoi cette indifférence, ce désintérêt alors que les troubles mentaux peuvent entraîner la mort et ce, d'une façon très significative ? Il faut poser la question pour trouver collectivement des éléments de solution. Malgré les efforts de sensibilisation du gouvernement et de différentes organisations, les troubles mentaux demeurent une problématique que l'on cherche à cacher, voire même à ignorer.
 
Selon Santé Canada, 72% des Canadiens accepteraient de dire qu'un proche est atteint d'un cancer et seulement 50% partageraient l'annonce d'une maladie mentale. Pourtant, les troubles mentaux devraient interpeller tout le monde, les jeunes comme les plus âgés, les plus pauvres comme les plus riches. Les données statistiques parlent d'elles-mêmes car une personne sur 5 ( de la population) souffrira d'une maladie mentale au cours de sa vie et 4 personnes sur 5 (80% de la population) auront à côtoyer, un jour ou l'autre, une personne atteinte de maladie mentale. Un sujet qui concerne 100% de la population, ce qui n'est pas peu dire.
 
Selon l'Organisation mondiale de la santé, 80% des personnes atteintes n'ont pas accès aux soins. D'ici 2030, la dépression sera la deuxième cause de morbidité dans les pays à revenu intermédiaire et la troisième principale cause dans les pays à faible revenu; il est plus que temps de s'ouvrir et de s'intéresser aux maladies mentales. Non, ce n'est pas simple, non ce n'est pas toujours rose car la maladie mentale déstabilise l'ensemble des membres d'une famille. En raison de la présence de nombreux stigmas, le scénario populaire s'apparente au profil suivant : la personne atteinte demeure trop longtemps et trop souvent prisonnière de ses symptômes et les membres de son entourage restent isolés en entretenant la spirale de leur détresse.
 
C'est en acceptant d'en parler et en accueillant avec ouverture les personnes et leurs proches que les préjugés autour de la problématique s'estomperont au fil du temps. Il est révolu le temps des asiles, de l'époque où l'on parlait de folie et d'internement à vie. En 2010, la maladie mentale doit gagner ses lettres de noblesse au même titre que les maladies physiques. Le rétablissement des personnes atteintes de maladie mentale est possible et l'accompagnement offert par leur proche est un élément essentiel qu'il faut reconnaître et appuyer.

Parlez-en; parlons-en ensemble ! Demandez à votre voisin, votre ami, votre collègue s'il a dû composer avec la maladie mentale d'un proche, s'il est préoccupé par cette problématique. Vous serez surpris de voir à quel point il s'agit d'un problème courant et important. Il faut collectivement redonner un sens à cette souffrance et lui permettre de trouver sa place dans le domaine de la santé.
 
Sont cosignataires de la lettre :
Jean-Marc Chaput, porte-parole de la FFAPAMM
Céline Chaput, épouse de Jean-Marc Chaput
Michel Houle, président de la FFAPAMM
Lord Morris, ambassadeur de la campagne de sensibilisation 2007
Maryse Guillemette, ambassadrice de la campagne de sensibilisation 2008
Jean Faullem, avocat-conseil de la FFAPAMM, Noël & associés
Mario Bousquet, Coordonnateur, Coalition pour le développement du logement social en santé mentale de Québec
Luc Vigneault, directeur général de l'Association des personnes utilisatrices des services de santé mentale de la région de Québec (APUR)
Patricia Arnaud, directrice générale de l'Association des parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale – Rive-Sud (APAMM-RS)


Le réseau de la santé est-il infecté par la culture des jeux de pouvoir ?
par Jacques Fournier
 
Le 25 janvier dernier, Bernard Drainville, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, émettait un communiqué de presse pour s'interroger sur le bien-fondé du projet du MSSS d'imposer une fusion entre le CSSS Champlain et l'Hôpital Charles LeMoyne (HCLM).
 
Selon M. Drainville, « une telle décision pourrait s'avérer néfaste pour le CSSS Champlain, qui comprend deux CLSC et des CHSLD. Ces petits établissements risquent de se retrouver perdants face à un hôpital universitaire affilié qui, par sa nature même, nécessite d'importantes ressources, notamment financières. De plus, je crains qu'une éventuelle fusion avec l'HCLM affecte les services de proximité du CSSS Champlain, dont les services de première ligne et les soins à domicile. »
 
Les inquiétudes fondées exprimées par le député nous amènent à nous poser une question de fond : les différentes réorganisations qui ont affecté le réseau de la santé et des services sociaux depuis vingt ans ont-elles une origine interne (l'amélioration des services) ou n'ont-elles pas plutôt été inspirées par des éléments externes, à savoir la culture mondiale des jeux de pouvoir ?
 
Pour répondre à cette question, revenons au début des années 90. C'est à ce moment qu'ont commencé les premières fusions dans le réseau de la santé et des services sociuax. On a d'abord regroupé des CLSC avec des Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). A chaque fois, la logique invoquée était l'amélioration de la continuité des soins. Puis, à la suite de la loi 25 imposée sous le bâillon en décembre 2003, les fusions forcées se sont intensifiées, impliquant alors des CLSC, des CHSLD et des hôpitaux non universitaires, regroupés sous le nom de Centres de santé et de services sociaux (CSSS). Récemment, le MSSS a commencé à concevoir des plans pour fusionner certains hôpitaux « universitaires affiliés » avec des CSSS déjà très gros.
 
Ce qui étonne dans ces regroupements, c'est que la littérature scientifique largement majoritaire indique que les fusions n'apportent pas les résultats escomptés en ce qui concerne l'amélioration et la continuité des services. Au contraire, les établissements fusionnés offrent des services moins proches de la population, plus lourds, moins efficaces, ils sont plus bureaucratiques, le personnel y est davantage démobilisé et le pouvoir des usagers et des employés d'améliorer la qualité des services se perd.
 
Des fusions sans fondement scientifique
 
Selon les chercheurs Alain Dupuis et Luc Farinas, les fusions sont le fruit d'une mode dangereuse : « Il s'agit d'une mode managériale sans fondement sérieux au regard des sciences de l'organisation et qui pousse l'ensemble du système vers le modèle de la grande entreprise divisionnalisée. Sous l'effet de ce modèle, nos organisations risquent de devenir toujours plus grosses, plus formelles, plus abstraites, plus impersonnelles, plus superficielles, vides d'engagements et de jugements éclairés.» (Cahier de recherche du Cergo, 2009, Énap et Téluq).

La « nouvelle gestion publique » (NGP), une mode ou une doctrine inspirée de l'entreprise privée et qui constitue un véritable fléau pour le secteur public, donne ses fruits les plus amers dans les cas de fusions.

Comment expliquer le maintien de politiques qui vont à l'encontre des résultats de la recherche scientifique ? A mon avis, les dirigeants du réseau de la santé et des services sociaux se sont inspirés de la nouvelle culture des jeux de pouvoir qui prédomine dans les grandes entreprises multinationales. Cette culture valorise la concentration du pouvoir entre les mains du plus petit nombre d'individus possible, la mise à l'écart de toute forme de pouvoir décisionnel par les citoyens ordinaires et l'accroissement des écarts de revenus. C'est une culture qui donne une rente à la ruse, à la rapidité, à la spéculation, à la rétention d'information, au mensonge, à la compétition extrême, au « big is beautiful », à la cupidité et, pour faire image, à l'attaque directe, meurtrière, à la carotide.

Le « jet set » financier international domine : une poignée d'individus voyageant en avion privé, dont la rémunération annuelle n'a pas de plafond connu et qui n'a aucune idée des conséquences sur le terrain des décisions qu'ils prennent. Cette culture a jeté notre monde dans une crise économique sans précédent en 2008 et ses fondements n'ont par la suite aucunement été remis en question par les grands décideurs politiques et économiques : tout est en place pour des rééditions régulières de cette crise.
 
Les dirigeants du réseau de la santé et des services sociaux, hypnotisés eux aussi par cette culture, intoxiqués par une doctrine managériale sans fondement, coupés de la base, veulent concentrer davantage de pouvoir entre quelques mains. L'ordre de grandeur n'est évidemment pas le même que celui des compagnies multinationales mais l'approche managériale « plus c'est gros, mieux c'est » fait l'objet de la même vénération. Le discours sur la continuité des services constitue un écran de fumée fort efficace. Et les services publics de proximité se détériorent à la même vitesse que la gouvernance mondiale de l'économie.
 
Une bonne nouvelle : le conseil d'administration du CSSS Champlain, contrairement à celui de l'hôpital,  s'oppose à la fusion forcée. Un bel exemple de résistance citoyenne.
 

13 janvier 2009
 
S'activer autrement
par Jacques Fournier
organisateur communautaire retraité
Lettre parue dans Le Devoir du 15 janvier 2010
 
Claude Castonguay propose que les aînés travaillent plus longtemps, pour le bien-être de l'économie. Je ne partage pas son analyse. Pour éviter la catastrophe, il faut plutôt aller vers la décroissance organisée, la fin de l'hyper-consommation et la simplicité volontaire. Il faut aussi encourager les retraités à être davantage utiles socialement, par une implication bénévole, militante ou citoyenne plus grande. Ce qui est plus agréable que d'être pressurés par un patron toujours désireux d'augmenter la productivité par tous les moyens.


18 juin 2009
 
QUEL RÔLE POUR LE MOUVEMENT COMMUNAUTAIRE DANS LA MOBILISATION SOCIALE?
par Jacques Fournier, organisateur communautaire retraité
Ce texte a été publié dans le journal communautaire Point Sud, juin 2009
 
Les groupes communautaires ont toujours eu, au Québec, un rôle important dans la participation citoyenne et la perception anticipée des problèmes sociaux. Souvent, ce sont des groupes communautaires qui ont découvert les nouveaux besoins et mis de l'avant des pistes de solution. Les gouvernements ont par la suite « récupéré », au sens positif du terme, ces solutions et adopté des lois pour les mettre en vigueur, au bénéfice de toute la population.
 
Par exemple, ce sont les ACEF, les associations coopératives d'économie familiale, qui ont été les premières à jeter un éclairage cru sur les problèmes d'exploitation des consommateurs et, plusieurs années plus tard, le gouvernement a mis sur pied l'Office de la protection du consommateur (OPC). De même, les CLSC ont été créés par le législateur dans la foulée des cliniques populaires de santé de la fin des années 60.
 
Les syndicats ont également joué ce rôle d'éclaireur social : combien de projets de loi à saveur sociale et progressiste ont vu le jour grâce aux pressions syndicales? (l'assurance-santé, le zonage agricole, etc.). Ces projets de loi apportent des bénéfices non pas aux seuls syndiqués mais à tous les citoyens.
 
Groupes communautaires et syndicats ont historiquement été des outils puissants de participation citoyenne : ils ont fait découvrir à leurs membres qu'unis, ils pouvaient, comme citoyens, mettre leur grain de sel dans les débats publics, avec confiance, avec un espoir réel que les choses puissent changer pour le mieux. Ils ont aidé les citoyens et citoyennes à combattre leur sentiment d'impuissance.
 
Les choses ont-elles changé sous ce rapport en 2009, comparativement aux années antérieures? Concernant les groupes communautaires, on observe parfois, dans certains groupes, une baisse de cette fonction de critique et de participation sociale. Comment cela peut-il s'expliquer? Comparativement à il y a vingt ans, le gouvernement finance de plus en plus les groupes communautaires, qui assument toutes sortes de responsabilités, pour une fraction du prix, comparativement à ce que cela coûterait si ces services étaient offerts par le secteur public. En 1991-92, dans le secteur de la santé et des services sociaux, le gouvernement versait au PSOC (Programme de soutien aux organismes communautaires) la somme de 57 millions $. En 2008-2009, ce montant a été multiplié par sept et atteint 395 millions $.
 
Grosso modo, pour la moitié des groupes, cela n'a rien changé à leur fonction de critique sociale et de participation citoyenne. Mais malheureusement, environ la moitié des groupes en ont conclu, à tort selon moi,  que ce financement accru leur enlevait le droit de prendre position et de se déployer dans la sphère publique, que ce soit concernant les dossiers sociaux, la question nationale québécoise, l'implication municipale, etc.
 
Nous avons besoin d'un mouvement citoyen fort. Nous avons besoin que tous les groupes communautaires, en plus de remplir adéquatement les mandats pour lesquels ils reçoivent, de façon pertinente, du financement gouvernemental, gardent leur autonomie et leur esprit critique et ne s'auto-censurent pas dans leurs prises de position. Leur apport enrichit considérablement le fonctionnement démocratique de notre société.
 

16 mars 2009
 
Quel marketing pour les causes sociales?
par Jacques Fournier, organisateur communautaire retraité
 
Le 12 mars se tenait à l'UQAM une soirée sous le thème « Notre société de consommation, quel avenir?  La rencontre était organisée par Option consommateurs et réunissait quatre conférenciers, dont Christian Désîlets, professeur en publicité sociétale de l'Université Laval et ancien d.g. de Cossette communications marketing. Il a tenu des propos provocateurs et brillants qui sont loin d'avoir fait l'unanimité dans la salle.
 
Il a d'abord tracé l'évolution typique d'une cause sociale en trois étapes :
 
1. Démonstration rationnelle du problème (exemple : la planète se détériore)
2. Démolition du « discours dominant » qui contredit cette cause, appel à l'État pour qu'il modifie le cours des choses
3. Institutionnalisation de la cause.
 
Selon lui, les spécialistes en marketing constatent une « légèreté » du consommateur de causes sociales, par exemple en environnement : ce consommateur ne passe pas à l'acte.
 
Il pose la question crûment : y a-t-il une surconsommation des causes sociales? Pour lui, il y en a tellement qu'elles sont en concurrence pour les mêmes fonds et les mêmes appuis : leurs « parts du marché des causes sociales » sont réduites. Il constate alors un « aplatissement » du marché : toutes les causes sociales commencent à se ressembler. Cela favorise le relativisme et la cynisme de la population
 
Deux facteurs particuliers sont observés au Québec par les spécialistes en marketing:
 
1.  une psychologie d'assiégés : notre avenir comme peuple est menacé,
 
2.  on est plus hédonistes que les Canadiens et les Américains, on vit dans l'ici et le maintenant.
 
Face à la question environnementale, la menace d'un futur tragique entraîne certains Québécois à se dire : puisque tout est perdu, on doit en profiter aujourd'hui. En décembre 2008, les Québécois ont maintenu leur rythme de consommation, contrairement aux Américains et aux Canadiens ; ils se disent : puisque la récession s'en vient, autant en profiter maintenant. Si la cause environnementale crée une peur du futur, les Québécois peuvent en conclure : vivons et consommons maintenant. Pour M. Désîlets, il y aurait donc un effet pervers : on incite les gens à consommer moins pour ne pas épuiser la planète, mais ils en concluent qu'il reste peu de temps à surconsommer gaiement. Donc la peur n'est pas une bonne façon de convaincre les Québécois de protéger l'environnement et de consommer moins. Certains disent que la fin du monde est proche; or M. Désîlets constate, à travers les siècles, que la fin du monde est toujours en retard…
 
M. Désîlets note que plusieurs croient que le marketing, c'est faire vendre de la m…; pour lui, c'est plutôt l'art de sonder les consommateurs pour que les producteurs fabriquent ce que les consommateurs voudraient réellement acheter. Il dit que si nous ne cherchons pas à comprendre comment les gens pourraient réagir à nos messages (au sujet de l'environnement, de la surconsommation, etc.), nos campagnes sociétales seront des échecs.
 
Commentaire
 
 Le marketing, de fait, ce sont deux choses : connaître les motivations des consommateurs et les obstacles devant le passage à l'acte (l'achat, le changement d'attitude, etc.). M. Désîlets a raison de nous dire de nous intéresser à la réaction réelle possible des personnes que l'on cherche à convaincre (face à l'environnement, la lutte à la pauvreté, la simplicité volontaire, le maintien de la gratuité dans la santé, la souveraineté du Québec, etc.).
 
 Mais il me semble faire preuve de beaucoup de pessimisme concernant le passage à l'acte. Les progressistes pourraient jouer, eux aussi, sur l'hédonisme et la volonté de mener une vie agréable, ici et maintenant, corde sensible des Québécois. Louis Chauvin, président du Réseau québécois pour la simplicité volontaire, l'un des quatre conférenciers le soir du 12 mars, faisait valoir que, selon des recherches, les adeptes de la simplicité volontaire se disent plus heureux que les personnes qui recherchent l'abondance de biens et qui n'en sont jamais satisfaits. Les progressistes partent perdants s'ils présentent les réformes qu'ils recherchent comme étant une quête triste et douloureuse.
 
 En fait, il faut clarifier si la recherche d'hédonisme des Québécois est uniquement celle du plaisir (ce qui est la définition de base de l'hédonisme) ou plus profondément celle du bonheur. M. Chauvin définit le bonheur comme étant quelque chose d'intérieur, d'exigeant, il faut y travailler (référence au moine bouddhiste Mathieu Ricard). Alors que le plaisir, c'est extérieur : c'est la recherche de dopamine, un neuro-transmetteur qui stimule et qui entraîne une forme de plaisir, c'est une drogue, addictive, on n'en a jamais assez, il en faut toujours plus pour continuer à avoir du plaisir, c'est là où on retrouve le monde de la surconsommation.
 
 Comment faire en sorte que les gens soient cohérents entre leurs idéaux et leurs actes? Comment transformer, par exemple, les « autonomistes », qui sont des « souverainistes non pratiquants » (définition du sociologue Pierre Drouilly) en souverainistes?
 
 Comment faire de nos campagnes sociétales des réussites? Toujours clairifier les concepts, approfondir l'analyse, étudier les motivations, évaluer et restreindre la portée des obstacles. Il n'y a pas de recette miracle.

28 février 2009
 
La réforme du droit des associations : plusieurs aberrations
par Jacques Fournier, organisateur communautaire retraité
 
La Corporation de développement communautaire (CDC) de Longueuil a tenu, le 26 février, un déjeuner-causerie portant sur le projet gouvernemental de réformer le droit des associations, qui régit présentement les organismes à but non lucratif (obnl). La personne-ressource était Sylvain Saint-Onge, président de la Table nationale des CDC. Le gouvernement québécois avait tenu, en 2004, une première consultation à ce sujet. Une nouvelle consultation est en cours, sur la base d'un projet de réforme modifié.
 
Grosso modo, la nouvelle mouture comporte quelques améliorations du droit associatif mais, à mon avis, elle présente plusieurs aberrations qui manifestent une profonde méconnaissance de la culture et des valeurs du milieu communautaire.
Commençons par les points positifs. La nouvelle législation offrirait un meilleur encadrement pour les organismes qui reçoivent des dons du public. Par exemple, les exigences (nombre de membres au conseil d'administration, etc.) seraient plus grandes pour ces organismes que pour les autres « associations personnalisées » (ce serait le nouveau nom légal des obnl). Autres améliorations : un membre aurait le droit de présenter ses observations s'il est passible d'une sanction disciplinaire; plusieurs sujets fondamentaux seraient soumis aux membres en assemblée (la modification du but de l'association, etc.), etc.
 
Cependant, le projet de réforme comporte trois points plutôt aberrants, selon moi.
Premier point : le conseil d'administration d'une association personnalisée qui ne recueille pas de dons pourrait désormais être composé d'un seul membre. On cherche l'esprit du mot « association » dans cette idée saugrenue. Cette proposition est d'autant plus étonnante que lors de la consultation sur la réforme en 2004, la majorité des mémoires déposés étaient opposés à cette idée (voir p. 12 du document «Constats découlant de la consultation », octobre 2005) (1). A quoi sert de consulter les organismes si le gouvernement revient, quatre ans plus tard, avec une proposition déjà fortement rejetée?
 
Il est savoureux de lire dans la nouvelle proposition gouvernementale : « Le présent document de consultation sur la réforme du droit des associations personnalisées tient compte des commentaires formulés au cours de la consultation tenue par le registraire ainsi que du bilan qu'il en a dressé »  (p. 1, sous la signature de Monique Jérôme-Forget).
 
Comment expliquer cette attitude? Le chat sort du sac à la p. 10 de la proposition gouvernementale de 2009 (2) : il est proposé que le conseil puisse être composé d'un seul membre « comme dans les sociétés par action ». Le droit associatif des obnl s'apparente déjà beaucoup au droit des compagnies privées car il repose sur la 3e partie de la Loi des compagnies. Le gouvernement propose donc que le droit associatif des obnl ressemble encore davantage, si faire se peut, au droit des compagnies privées. C'est fort de café. Pourquoi vouloir toujours calquer l'entreprise privée? Elle n'obéit pas à la même logique que le milieu communautaire : c'est une observation sociologique élémentaire. A mon avis, on devrait toujours requérir au moins cinq membres pour constituer un conseil.
 
La réforme proposée n'exigerait que deux membres pour obtenir une incorporation, au lieu des trois actuels. Encore là, trois membres me semblent un nombre minimal mais il serait préférable que ce soit cinq. Qui a peur de la démocratie? Qui a peur de travailler en équipe, dans le cas d'une association?
 
Deuxième point négatif : sous prétexte de donner plus de liberté aux associations personnalisées, celles-ci auraient la «pleine capacité juridique». Cela pourrait signifier, par exemple, qu'un Centre des femmes pourrait, du jour au lendemain, se transformer en Maison de jeunes, sans adresser aucune requête à cet effet au registraire des entreprises. Quand on sait l'importance, pour les organismes communautaires, du « moment fondateur », du moment où l'on s'entend sur la mission et les buts de l'organisation, cette proposition est aberrante. Dans l'entreprise privée, c'est logique : un garagiste incorporé peut décider, le lendemain, de vendre de la dentelle et il ne doit pas changer son incorporation pour autant. Son but, c'est de faire du profit, de toutes les façons possibles. Dans le mouvement communautaire, on ne change pas de mission comme on change de chemise. La motivation des fondateurs est liée à un but précis.
 
Troisième point négatif : la proposition gouvernementale autoriserait une association personnalisée à inscrire, dans son « règlement intérieur », la possibilité pour un membre de se faire représenter par procuration lors d'une assemblée générale. On aurait pu trouver une meilleure façon de favoriser les présences lors des assemblées ! Cela est encore inspiré de l'entreprise privée où l'on observe un cumul du pouvoir entre quelques mains lors des assemblées.
 
Bref, la proposition de réforme du droit associatif semble encore à des années-lumière de la culture démocratique et des façons de faire du milieu communautaire. C'est incidemment le ministère des… Finances qui mène cette consultation.
 
Le gouvernement Charest a promis qu'il se comporterait différemment que lors de la période 2003-2007 et qu'il se mettrait à l'écoute de la population. Voici un bon test : qu'est-ce que le gouvernement va retenir, cette fois, des représentations que lui feront les groupes communautaires ? (les mémoires doivent être déposés avant le 31 mars).
 
 
 

6 janvier 2009
 
Les coopératives de santé entraînent-elles des dérapages?
par Jacques Fournier, organisateur communautaire retraité
 
S'il faut saluer le dynamisme des personnes qui ont mis sur pied des coopératives de santé, on doit par contre de plus en plus s'interroger sur les dérapages qu'entraîne cette formule dans le contexte québécois actuel.
 
Le problème : en plus de demander, ce qui est normal, l'achat d'une part sociale (disons de 20 $), la plupart des coopératives de santé exigent une cotisation annuelle de 100 $, 200 $ ou plus, ce qui contrevient clairement à la Loi canadienne de la santé, qui décrète que les services médicaux doivent être gratuits.  Un recours collectif pourrait même être entrepris avec succès contre les coopératives sur ce terrain. Des précédents existent.
 
La politique de tarification appliquée par les coopératives pourrait inciter certains médecins de cabinets privés à poser des gestes illégaux eux aussi. Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin, a déclaré à Gatineau que les médecins de cabinets privés « seront peut-être tentés d'imposer, eux aussi, des frais annuels à leurs patients pour couvrir les dépenses telles le loyer et les salaires du personnel » (Le Droit, 25 octobre 2008).
 
Le tarif à l'acte payé aux médecins par la RAMQ prévoit pourtant qu'une importante proportion, de l'ordre de 30%, de cette rémunération couvre les frais de personnel, de loyer, etc. Les médecins qui bénéficient d'un loyer gratuit ou quasi gratuit, ou qui exigeraient une cotisation, reçoivent ou recevraient, dans les faits, une double rémunération.
 
Si le ministre Yves Bolduc décidait de tolérer l'imposition de frais annuels par les coopératives de santé, comment pourrait-il interdire aux cliniques privées d'exiger une cotisation elles aussi? Il ne pourrait préconiser deux poids, deux mesures.
 
A l'heure actuelle, plusieurs coopératives de santé sont créées non pas ex nihilo mais pour remplacer une clinique privée. Ce ne sont pas de nouveaux services qui sont offerts mais plutôt des médecins déjà regroupés en cliniques privées qui trouvent soudain plus agréable d'avoir un loyer gratuit, ou presque, ainsi que des services de secrétariat. Est-ce cela l'esprit coopératif? C'est ce qui vient de se produire à Gatineau où la clinique privée de la rue Gréber vient de se transformer en coopérative. Action Santé Outaouais, un organisme communautaire voué à la préservation de notre système public et gratuit, dénonce, avec raison, le fait que cette coopérative exige des frais annuels de 100 $. Mis au courant de cette situation, le ministre Yves Bolduc se dit « préoccupé » mais tarde à agir. Le problème est pourtant connu depuis plusieurs années.
 
Le Collectif des maires de la MRC de Nicolet-Yamaska, dans Le Devoir du 21 octobre, a vu juste en disant que la création de coopératives de santé était une façon de déplacer le problème : « De plus en plus d'indices montrent que l'on dépla
 
 
 
 


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